Auto-stop

Défi n°2 – Traversée de la Turquie en auto-stop

« Mmmhh ils sont quand même gros ces vélos … »

On se lance un défi auto-stop ! Rallier Erzurum depuis Istanbul, en passant par la Cappadoce. Soit 1500km à parcourir en camion semi-remorque, bus, pick-up, etc … Pas à dos de chameau quoi, parce qu’avec les vélos … ça passera pas.
 

Résultat :

–> RÉALISÉ,  4 jours d’auto-stop et 9 véhicules pour parcourir les 1500km entre Istanbul et Erzurum avec un détour par la Cappadoce.
 

Récit de notre périple en auto-stop :

Raconté par Gaël

Partie I : d’Istanbul à la Cappadoce

22 juillet – 9h00 : Nous commençons l’auto-stop à Yalova. Il s’agit d’abord de trouver un bon spot où les camions peuvent s’arrêter facilement. Nous nous dirigeons donc vers la bretelle d’entrée de la route départementale visée. Premiers pouces levés, le panneau « Ankara à Erzurum » visible. Nous attendons vingt minutes, aucun succès. Nous décidons donc de nous diriger vers la première station service où il sera beaucoup plus simple d’aborder les camionneurs pour les convaincre de nous emmener. Arrivés là-bas, quelques camions stationnent, attendant d’être ravitaillés en carburant. On sort notre panneau, Google Translate « anglais – turc », et c’est parti :

« – Hello, we are doing hitchhiking. We want to go to Ankara, then Erzurum.
– Erzurum ?! Düz, düz !
– Euhhh, but you, where are you going 
– …
– Ok, bisiklet sizin kamyon ? Erzurum ?
– Mhhhh … »

Les débuts sont difficiles pour faire comprendre qu’on fait de l’auto-stop, mais au bout de quelques essais, un camionneur comprend et nous propose de mettre les vélos dans son semi-remorque vide. Il va jusqu’à Izmit. Mais avant de partir, il nous invite à boire un thé.

 

22 juillet – 11h00 : Notre chauffeur nous dépose donc à Izmit … à l’entrée de l’autoroute ! N’étant pas très confiants de reprendre l’auto-stop au milieu de l’autoroute, on décide de rebrousser chemin direction une nouvelle station service. L’attente est longue, peu de camions s’arrêtent ici. Les employés de la station nous regardent avec curiosité. Ils nous proposent un thé, histoire de patienter. Ils se mettent même parfois à nous aider et à traduire notre demande en turc. Rien.

 

22 juillet – 14h00 : Après avoir mangé, on décide donc de changer de station service, il y en une 5km plus loin. On monte sur les vélos et c’est parti. Au moins, l’avantage de faire de l’auto-stop avec nos vélos, c’est qu’on est beaucoup plus mobile, on peut changer de spot assez facilement.

Arrivés dans cette nouvelle station service, rebelotte ! Les employés se demandent ce qu’on fait là. On nous propose de boire du thé. Il n’y a toujours pas beaucoup de camions, on décide donc de reprendre l’auto-stop un peu plus activement au bord de la route.

 

22 juillet – 16h00 : Une dépanneuse s’arrête. Elle va à Sakarya. Yes ! On monte. On passe le trajet à regarder nos vélos dans les rétroviseurs. « Stop, stop, stop ! Y’a une bouteille qui s’est barrée ! Bottle of water, please stop ! » Le camion s’arrête, une de nos bouteilles d’eau valdinguait de part et d’autre du véhicule, prête à se faire la malle à tout moment. On repart, le véhicule nous dépose en fin d’après-midi à Sakarya.

 

22 juillet 17h30 : Toujours la même technique. On repère la station service la plus proche et on s’y rend en vélo. Quelques camions stationnent. Marion part faire des courses au market, je me mets en quête d’un nouveau conducteur.

« – Hello, we are going to Düzce/Bolu, are you going there ?
– …
– Bisiklet sizin kamyon ? Possible ?
– Tamam, tamam, 60km, Bolu
– Ok, bisiklet sizin kamyon ?
– Tamam, tamam »

Je me dirige donc vers les vélos afin de les mettre dans le camion. Le conducteur me fait signe qu’on n’est pas pressé. On va d’abord aller boire un thé. Ok, Marion revient, je lui dis qu’on a trouvé un nouveau véhicule, on se dirige vers le café. Là, un groupe de messieurs boivent du thé et discutent. Quelques minutes plus tard, on se retrouve un thé à la main en train d’expliquer notre voyage. Un peu plus tard, un homme parlant un très bon français apparaît, on discute. Il nous invite finalement à manger dans le restaurant d’à côté. Il est 18h00, je n’ai pas très faim. Je commande un plat léger, on peut difficilement refuser une invitation à manger. Notre conducteur vient nous voir, il nous dit au-revoir, il part se coucher ! Mauvaise compréhension, on n’a finalement personne qui nous conduit à Bolu …

 

22 juillet 18h30 : On se remet donc en route en vélo, à la recherche d’une nouvelle station service. On y arrive après 10 minutes de vélo. De nombreux camions stationnent. Malheureusement, il commence à se faire tard, aucun ne compte repartir, ils se sont arrêtés pour la nuit. On se dirige donc vers le bord de route, pouce levé ! 15 minutes d’attente, et deux camions identiques s’arrêtent. Ils vont à Bolu. Ouf ! Par contre, leurs camions sont chargés. 42 tonnes de poussière de charbon. Il n’y a pas vraiment la place de mettre les vélos dans la remorque. Ce n’est pas très grave, on les place entre la cabine et la remorque, ça passe large … Marion monte dans un camion, je monte dans l’autre.

 

22 juillet 19h30 : Le soleil se couche lentement. Les camions avancent lentement. 42 tonnes, c’est lourd, très lourd. Les camions s’amusent à se doubler mutuellement, ça permet de vérifier que les vélos sont toujours bien en place. L’ambiance dans le camion est détendue. On boit du thé, on mange des petits gâteaux concoctés par sa femme, on écoute de la musique. A coup de Google Translate, on arrive assez facilement à communiquer. Alors si j’ai bien tout compris, il a une femme et un fils ingénieur dans la marine. Il est passionné d’histoire, d’ailleurs il a réussi à mettre la main sur une toile de Picasso qui vaut quelques millions d’euros. Malheureusement, la police est venue la lui prendre. Il veut aussi intégrer le groupe des « Illuminatis », vous savez, ceux qui dirigent le monde, le symbole avec le triangle et l’œil. Entre toutes ces conversations, il passe des appels toutes les 15 minutes à son ami dans l’autre camion.

 

22 juillet 21h30 : Les deux camions s’arrêtent un peu après Bolu. On se retrouve sur une aire d’autoroute. Après discussion avec nos conducteurs, on comprend que, demain, un seul des deux camions continue la route dans notre direction. Ok, pas de soucis, on mettra nos vélos dans le même camion. Mais d’abord, on mange. Ils préparent le repas. Au menu, salade de légumes et flageolets en boîte, des fruits en dessert, et puis un thé.

 

22 juillet 22h30 : Deux lits dans chaque cabine. On passe la nuit dans les camions.

 

23 juillet 7h30 : Deuxième jour d’auto-stop. On se réveille, puis nos conducteurs nous invitent à prendre le petit-déjeuner. Au menu, pas le choix, c’est de la soupe. Sans oublier le thé en fin de repas. Puis au moment où on croit qu’on va repartir avec l’un d’entre eux pour continuer la route, ils commencent à nous indiquer la route à suivre … à vélo ! Encore un problème de communication ? Nous descendons donc les vélos des camions, on se dit au-revoir, puis nous reprenons l’auto-stop. On trouve très rapidement un camion qui se dirige vers Ankara. Le conducteur est attablé avec un jeune turc de 24 ans, Bahadir. Lui aussi fait de l’auto-stop. Il parle très bien anglais, ce qui est pratique pour communiquer. On convient donc de monter dans le même camion jusqu’à Ankara, puis de continuer l’auto-stop ensemble jusqu’à Kayseri où des amis à lui seraient près à nous héberger. Il restera ensuite 60km à parcourir pour rejoindre la Cappadoce, étape de mi-parcours.

 

23 juillet 8h30 : Après avoir bu quelques thés avec Bahadir et notre futur conducteur, nous mettons les vélos dans le camion, et c’est parti pour Ankara. Les paysages sont très jolis, ça devient de plus en plus désertique. On arrive à Ankara vers 10h. Le conducteur du camion nous dépose sur le bord de l’autoroute … De là, pas facile de reprendre l’auto-stop à trois avec deux vélos. Finalement, nous n’attendons pas trop longtemps. Bahadir qui parle turc arrive facilement à négocier qu’un minibus nous prenne avec nos vélos. On enlève tous les bagages pour mettre les vélos dans le minibus, puis c’est parti pour … 10km. On doit alors tout ressortir du minibus, et là on comprend que la route qui mène à Kayseri se trouve de l’autre côté de l’autoroute. Tour à tour, on s’amuse alors à jouer à « Un, deux, trois, Zébra », ce jeu très connu qui consiste à traverser l’autoroute en moins de trois secondes, puis à s’arrêter sur les zébras, bagages et vélos à la main. Une fois la traversée des vélos effectuée, on salut notre conducteur, et nous reprenons la route à pied le long de l’autoroute à la recherche d’un nouveau spot. Bahadir étant à pied, impossible de se rendre dans une station service. Nous trouvons donc un pont, sous lequel, à l’ombre, nous pouvons reprendre l’auto-stop. Une très longue attente s’en suit. Les voitures et camions passent mais ne s’arrêtent pas. Ceux qui s’arrêtent repartent aussitôt lorsqu’on leur fait comprendre qu’on a deux vélos avec nous.

 

23 juillet 15h30 : Un camion arrive à très lente allure. Il s’arrête finalement sur le bord de l’autoroute. Il va à Kayseri, exactement là où on se rend ! Bahadir commence alors les négociations. Le conducteur n’est pas très enclin à prendre nos vélos, il a des marchandises dans son camion. Finalement, il accepte ! Ouf ! Le stop c’est fini pour aujourd’hui. J’escalade alors le camion, Bahadir et Marion me passent un à un vélos et bagages pour les mettre dans le camion. On s’installe dans la couchette, et on est parti. Enfin pas très vite, le camion est chargé. Heureux que cette attente se termine, j’ai envie de me réjouir, mais je me méfie. Et si le camion tombait en panne ? Ça peut arriver, on ne sait jamais … Dix minutes plus tard, le chauffeur s’arrête. Le camion a un problème technique … Ok, la prochaine fois, je ne penserai pas à ça. On descend du camion, une montée de stress s’empare de nous. Aucun de nous n’a envie de reprendre l’auto-stop en plein milieu de l’autoroute. Le chauffeur se change, il passe sous son camion, et s’affaire à réparer ce qui ne va pas. Il revient, il teste, ça marche. Il se change, appuie à nouveau sur l’accélérateur, et en fait non … Il se change alors à nouveau, repart sous le camion. On attend cinq très longues minutes. Il revient, se rechange, et teste à nouveau. Cette fois c’est bon, il nous fait signe de remonter dans le camion, on peut repartir. Au fil des kilomètres, le stress retombe et on finit par s’endormir, les paysages désertiques défilant devant nous. Au milieu du trajet, je crois entendre des coups de feu. « I-S-I-S I-S-I-S ! You know, Paris attacks ! No, it’s a joke » me lance Bahadir remarquant ma surprise. Sans bien comprendre ce qu’il s’était passé, je me rendors aussitôt.

 

23 juillet 18h00 : Nous nous arrêtons dans une station service pour y faire une pause. On s’achète à manger au market. Marion sort un billet pour payer, mais Bahadir tend aussitôt un billet au vendeur, c’est lui qui paie. Pas la peine d’insister, c’est peine perdue. Il n’est pas dans la coutume turque de faire payer leurs invités, d’autant plus quand c’est une femme. On repart ensuite en camion pour la fin du trajet.

 

23 juillet 22h30 : Nous arrivons enfin à Kayseri. La route fut longue, le camion ne dépassant jamais les 80km/h … Il nous dépose à l’entrée de la ville. Nous finissons la route à vélo, Bahadir en tramway, avant de se rejoindre chez ses amis.

 

Nous passerons 2 jours chez Bahadir et ses amis, de bons moments avec eux ! Le 25 juillet en fin d’après-midi, nous reprenons nos vélos pour sortir de la ville et dormir en camping sauvage dans un champ.

 

26 juillet 8h00 : L’objectif de la matinée, terminer l’auto-stop jusqu’à la Cappadoce, il reste 60km. Nous nous rendons d’abord dans un restaurant afin de prendre le petit-déjeuner. Personne ne nous invite à nous asseoir, nous nous asseyons. Dix minutes passent, la dizaine de serveurs continue à nettoyer les tables, servir les autres clients, aucun ne vient … Nous décidons donc de nous en aller, le ventre vide, un peu étonnés par la situation …

 

26 juillet 9h00 : Après avoir finalement trouvé de quoi nous alimenter, nous nous plaçons en bord de route, panneau dans une main, pouce levé dans l’autre. Nous n’attendons pas longtemps. Au bout d’une vingtaine de minutes, un pick-up blanc s’arrête, il veut bien nous emmener jusqu’en Cappadoce. Cool ! On joue à Tetris pour placer vélos et bagages dans le pick-up, et c’est parti. La route est très jolie, les collines désertiques défilent devant nous. Une heure plus tard, nous arrivons à destination, notre conducteur prend même la peine de nous trouver un camping et de nous y emmener.

 

Fin de la première partie d’auto-stop



Partie II : de la Cappadoce à Erzurum

29 juillet 15h00 :
Après avoir bien profité de la Cappadoce, nous arrivons à vélo à Avanos, d’où nous comptons reprendre l’auto-stop direction Erzurum. Un peu plus organisés, nous achetons un marqueur noir afin de faire un joli panneau Sivas à Erzincan à Erzurum. Nous nous plaçons en bord de route, un camion s’arrête assez rapidement, il va à Sivas ! Enfin pas vraiment en fait … En cours de route, on comprend qu’on va devoir changer de véhicule. En effet, arrivés à Kayseri, notre camion stationne en bord de route. Dix minutes passent, un autre camion s’arrête. Notre chauffeur nous fait comprendre qu’on doit placer les vélos dans l’autre camion. Sauf que ce nouveau camion n’est pas très adapté à accueillir nos petits protégés. Une bâche recouvre la marchandise qu’il transporte, le chauffeur nous propose de mettre les vélos au-dessus. Au moindre virage, ceux-ci pourraient basculer sur le bas côté. Il nous propose alors de les attacher avec une grosse sangle. Mais même problème, une sacoche pourrait se détacher en route … Nous faisons comprendre au chauffeur que nous allons donc chercher un autre camion. Très déçu de ne pas pouvoir plus nous aider, il nous dit au-revoir.

 

29 juillet 16h30 : Nous cherchons sur la carte un nouveau spot pour continuer l’auto-stop. Trois kilomètres plus loin, deux routes se rejoignent en direction de Sivas. Nous nous rendons donc là-bas. Nous nous arrêtons sur la voie d’arrêt d’urgence et nous attendons. Peu de camions passent. Au bout de 30 minutes, un camion s’arrête devant nous. On comprend qu’il va à Sivas. Le chauffeur ouvre la porte de la remorque pour mettre les vélos, malheureusement, des tuyaux en plastique, des noirs, des jaunes, de partout dans la remorque, nous empêchent de les mettre. Pas de problème, le chauffeur et moi arrivons tant bien que mal à faire un peu de place, on peut finalement y placer les vélos. Le camion plein à craquer repart. Notre chauffeur est très gentil, des peluches de toutes sortes décorent sa cabine. Il nous propose de manger quelques gâteaux. Il parle un peu anglais, on discute un peu. Il est irakien. On comprend qu’il a dû quitter son pays, l’armée française ayant bombardé sa maison. Malaise. Pas pour lui, il sourit. Un peu plus tard, il sort un sachet plein de graines de tournesol. Au moins deux bons kilos. Il nous invite à nous servir. Ok, on se sert, on se ressert. Les graines de tournesol ce n’est pas particulièrement bon, mais c’est assez addictif. On passe le trajet à se prendre pour des hamsters, décortiquant et mangeant tranquillement nos graines.

 

29 juillet 21h00 : On est tout près d’arriver à Sivas. Pour éviter de se retrouver coincés en pleine ville ne sachant pas où planter la tente, on lui demande de nous déposer un peu avant, ayant repéré sur la carte ce qui pourrait être un bon spot pour y passer la nuit. On s’y rend donc en vélo, mais pas le temps de chercher quelque spot que ce soit. Une voiture s’arrête nous demandant où on va.

« – We are going to Sivas, but now we are looking for a place to camp. Camping
– Ahhh ok, track me »

On suit la voiture. Elle s’arrête à nouveau un peu plus loin.

« – Ok, here, by this road, you can go to Sivas.
– Euhhh, but we don’t want to go there today. Tommorow
– Mhhh …
– We are just looking for a place to sleep, like a piece of grass, a forest …
– Ahhh okkk, understood. Do you want to take a tea ?
– Euhhhh, ok
– Follow me ! »

Le monsieur et son fils nous emmènent donc un peu plus loin. Un portail s’ouvre. Une belle maison familiale apparaît. Au moins une dizaine de personnes sont là. Les enfants s’amusent, les hommes s’affairent à allumer le barbecue, les femmes préparent la viande et les légumes. On comprend rapidement qu’on est en fait invité à manger avec eux. On nous montre le coin d’herbe où nous pourrons planter la tente. Finalement non, on nous emmène dans le fond du jardin. Un algeco, on y sera plus confortable. On part ensuite visiter la propriété. Des potagers, des arbres fruitiers, des poulets, des dindes, et même un paon. On nous fait goûter des concombres, des prunes, des cerises. C’est en fait une ferme bio. On passe ensuite à table. Les hommes à une table, les femmes à une autre. Marion peut quand même manger avec nous. Le barbecue est l’un des meilleurs qu’on n’ait jamais mangé. Je ne savais pas que la viande de poulet pouvait être aussi tendre. Après le repas, femmes et hommes se rassemblent autour de la même table pour prendre le thé. On apporte la machine à thé et … des graines de tournesol. On commence à en manger. Rapidement je m’aperçois que je suis le plus lent. En fait, il y a une certaine technique pour les décortiquer. Quand on connaît, ça va tout de suite plus vite. Chacun se met à en manger. Quand plus personne ne parle, on a l’impression d’entendre un concert de cigales. On boit du thé. Minuit arrive, il est temps d’aller se coucher.

 

30 juillet 10h00 : Le lendemain, on ne voit personne lorsque nous quittons la maison. Nous nous rendons à Sivas pour y reprendre l’auto-stop. On se place en bord de route. Nous y restons une bonne heure, aucun succès. Nous décidons donc d’aller chercher un meilleur spot. Malheureusement, la route se découpe rapidement en deux routes séparées, où il n’y a pas la place sur le côté pour s’arrêter. Nous pédalons donc une dizaine de kilomètres le temps de sortir de la ville afin de retrouver une route plus classique.

 

30 juillet 14h00 : Après avoir mangé, nous reprenons l’auto-stop. Marion commence, je me repose à l’ombre. Puis c’est mon tour, et ainsi de suite. Un camion s’arrête enfin. Il n’avait pas l’air d’avoir compris que l’on faisait du stop avec nos vélos, nous faisant mine que sa remorque est fermée. En effet, un sceau d’authenticité protège sa remorque, un gage que les marchandises arrivent à bon port sans avoir été visitées. Après un coup de fil à son supérieur, il peut finalement ouvrir sa remorque. On y place les vélos et c’est parti. Notre nouveau chauffeur ne parle pas anglais. On essaie de discuter tant bien que mal. On ne se comprend pas vraiment. A 17h00, on fait une pause. Il nous invite au restaurant pour manger. On reprend la route ensuite. Dans les montées, le camion ne peut pas avancer très vite de par sa charge. Et des montées, il y en a. Deux cols à plus de 2000m. Dans les descentes, le camion avance tout aussi lentement, limitation de vitesse à 50 km/h pour les poids lourds. Les paysages sont magnifiques. Que des montagnes et de grandes plaines désertiques à perte de vue. Parfois on aperçoit des sortes de yourtes au loin. Le soleil se couche progressivement.

 

30 juillet 19h30 : On arrive à Erzincan. Afin de pouvoir camper tranquillement, on demande à notre chauffeur de nous déposer avant la ville. Il s’arrête à une station service. Puis il essaie de nous faire comprendre qu’il va beaucoup plus loin qu’Erzincan, il passe en fait par Erzurum, notre destination finale. A la station, un monsieur parle français. Il nous confirme que notre conducteur va bien jusqu’à Erzurum. Cool ! On voit enfin la fin de l’auto-stop, demain on sera à Erzurum. On reprend donc la route avec lui. Je m’endors sur la banquette arrière.

 

30 juillet 21h00 : On s’arrête à nouveau dans une station service pour manger … et boire quelques thés. Cette fois, on réussit à payer ! C’est assez rare pour le souligner. Enfin, il paie quand même les thés.

 

30 juillet 21h30 : On repart, Erzurum se rapproche, il reste moins de 100km. Deux heures de route plus tard, nous n’arrivons pas très loin de la ville. Notre conducteur s’arrête à une station service où d’autres camions stationnent. Nous passerons la nuit dans la cabine, deux couchettes superposées et les sièges faisant office de troisième lit.

 

31 juillet 6h30 : On se réveille, on part se débarbouiller, puis on reprend la route. Rapidement, nos routes se séparent. On se dit au-revoir, puis on finit la route jusqu’à Erzurum à vélo.

 

L’arrivée à Erzurum marque la fin de l’auto-stop et de notre deuxième défi ! Défi réussi : 4 jours d’auto-stop et 9 véhicules pour parcourir les 1500km entre Istanbul et Erzurum avec un détour par la Cappadoce.

 

Photos :

 

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1 comment

  1. Bravo pour ce nouveau défi, et merci pour les commentaires… on s’y croirait 😉
    Bon courage pour la suite. Bises

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